Traversées à bord du Rhapsody de la GNV

entre Gênes et Porto Torres

Ce reportage a été réalisé du 25 au 27 juin 2017, lors d'un voyage aller-retour entre Gênes, en Ligurie et Porto Torres, en Sardaigne, à bord du Rhapsody, l'un des fleurons de la compagnie italienne Grandi Navi Veloci (GNV).
C'est notre première traversée à bord de cette compagnie, nous connaissons cependant déjà bien le Rhapsody puisqu'il n'est autre que l'ancien Napoléon Bonaparte, alors navire amiral de la SNCM. Nous avions également navigué à bord de l'Excelsior, navire de GNV, lorsqu'il était affrété par la SNCM en 2014, en remplacement du Napoléon Bonaparte, alors hors service.
Mis en service en 1996 au sein de la flotte SNCM FERRYTERRANÉE, le Napoléon Bonaparte a été construit aux chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire. D'une longueur de 172 mètres pour 30,4 de large, le Rhapsody accueille 2 650 passagers servis par 196 membres d'équipage, ainsi que 708 véhicules. 
Il est mis en service sur les lignes de la Corse et de la Sardaigne en remplacement du Napoléon de 1976, qui sera alors affecté aux lignes du Maghreb. Étant le premier véritable cruise-ferry en Méditerranée, il effectue également des mini-croisières et des séminaires en plus de ses rotations habituelles.   
 
Nous commençons ce reportage par quelques souvenirs de l'histoire du Napoléon Bonaparte au sein de la flotte SNCM...
 
Le 27 octobre 2012, alors qu'un violent mistral s'abat sur la côte d'Azur, les amarres du Napoléon Bonaparte cèdent une à une et le navire va heurter l'angle du quai créant une importante brèche occasionnant une voie d'eau considérable, faisant couler l'arrière du navire.
 
Quelques jours avant Noël 2012, le Napoléon Bonaparte retrouve son imposante hauteur caractéristique, après que sa brèche ait été soudée et un long pompage de l'eau qui occupait ses cales et garages. 
 
Le 9 janvier 2013, le Napoléon Bonaparte est remorqué vers la forme 8 puis la forme 10. Durant un an les moteurs seront démontés et expertisés, avant que les coûts de réparations ne soient jugés trop élevé et le navire vendu au groupe italo-suisse MSC. Le 8 mai 2014, le navire, rebaptisé Rhapsody quitte Marseille, remorqué par le Castelo de Sines, pour Naples, où il sera réparé durant de nombreux mois. Il rejoindra ensuite Gênes pour un passage en cale sèche lui donnant les couleurs de la compagnie italienne GNV, filiale du groupe MSC. Il sera remis en service pour des traversées entre Bari, en Italie et Durrès, en Albanie durant les étés 2015 et 2016, et assurera des traversées entre Gênes, Sète ou Barcelone et Tanger Med. Pour la saison estivale 2017, il reprend les traversées auparavant effectuées par le SNAV Toscana, entre Gênes et Porto Torres, en Sardaigne (un port qu'il fréquentait régulièrement lors de sa carrière à la SNCM).
Nous introduisons ce reportage par quelques photos des alentours de l'aquarium de Gênes, un lieu de vie central pour la ville italienne et qui offre une belle vue sur le port de commerce passagers.
 

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Quelques vues sur le Rhapsody et autres navires présents au port, dont les paquebots MSC Meraviglia et Orchestra et les ferries Moby Drea et Sharden (Tirrenia).
 

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Sur le chemin du terminal traghetti (ferries en italien), où se trouvent une galerie marchande, un supermarché et les billetteries des diverses compagnies fréquentant le port génois. 
 

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Après l'enregistrement de notre billet et remise des cartes d'embarquement au guichet GNV du terminal, nous embarquons rapidement et à pied par une passerelle nous menant sur l'arrière du navire, pour embarquer par la rampe bâbord.
 

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De retour à bord, près de 5 années après notre dernier passage pour la dernière MedRace, sous les couleurs SNCM, nous avons l'immense émotion de retrouver le navire qui fut le fleuron et la fierté de la compagnie marseillaise, mais aussi mon tout premier ferry, celui qui m'a donné cette passion de la mer et des navires, il y a 16 ans. Les ponts du navire et ses mythiques cheminées surplombent le port de Gênes et ses bateaux, dont La Superba de la GNV qui rentre de Palerme.

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Départ du Sharden de la Tirrenia à 21 heures.

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C'est ensuite à notre tour de quitter le port, avec près de 45 minutes de retard (nous devions initialement appareiller à 20h30).

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Juste à la sortie du port, alors que notre pilote débarque, nous croisons un autre ferry de la GNV, le Majestic, le tout premier navire de la compagnie, mis en service en 1993.

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Dîner au restaurant "Le Sillage d'Argent" qui offre, comme son nom l'indique une vue imprenable sur le sillage du cruise-ferry. Situé à l'arrière du pont 9, ce restaurant était le plus élégant du navire lors de sa carrière à la SNCM. Aujourd'hui, la carte propose une cuisine italienne assez simple, mais correcte et peu onéreuse pour un ferry.

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Nous terminons la soirée sur les nombreux ponts de l'ex Napoléon Bonaparte, où trônent majestueusement ses imposantes cheminées puis au bar spectacle Galaxie, qui n'ouvre malheureusement que quelques heures dans la soirée pour des animations destinées aux enfants...

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Nous vous proposons maintenant une visite détaillée du Rhapsody, qui n'est malheureusement plus du tout exploité comme un cruise-ferry, aucune ambiance "croisière" n'étant ressentie à bord. Un sentiment d'abandon règne, certains salons et restaurants du navire étant fermés, le bar spectacle Galaxie ne servant qu'à l'animation pour les enfants... L'équipage semble débordé par un si grand navire, le débarquement étant chaotique (en retenant les passagers pressés de rejoindre le garage par des rubans de balisages dans les escaliers...). De plus, le chenil est lui aussi délaissé, les chiens étant admis dans les locaux publics (sans qu'il n'y ai pour autant d'espace destiné à leurs besoins). Rien n'a vraiment changé à bord, non pas par respect du style du navire mais par manque d'investissement (on retrouve des logos SNCM dans de nombreux recoins, la signalétique est toujours en français, et pire, les coursives du pont 4, alors sous l'eau lors de l'incident connu par le Napoléon Bonaparte en Octobre 2012, n'ont pas été rénovées ! 
Le navire est donc vieillissant mais conserve malgré tout la splendeur de ses aménagements qui en faisait le fleuron de la Méditerranée il y a 20 ans.
Installations publiques
Salons & bars
Restaurants
Le lendemain matin, l'annonce réveille les passagers à 7 heures. Sur le billet, l'arrivée à Porto Torres est prévue pour 10 heures, mais le navire entre au port vers 8 heures. Le débarquement étant particulièrement long, les derniers passagers ne débarqueront effectivement qu'aux alentours de 10 heures... Nous naviguons au large de Stintino et commençons à apercevoir Porto Torres.

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Le Rhapsody entre dans le port sarde, en compagnie du Costa neoRiviera et du Sharden. 

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Le Rhapsody entame ensuite son évitage et sa manoeuvre d'accostage à Porto Torres. Les rampes se poseront au sol vers 9h20. 

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Nous débarquons et prenons quelques photos du Rhapsody à Porto Torres, un port qu'il fréquentait régulièrement sous le nom de Napoléon Bonaparte sur la ligne Marseille-Ajaccio-Porto Torres. 

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Nous partons ensuite découvrir la petite ville de Porto Torres, surplombée par le Rhapsody. Aucun restaurant ne semble ouvert, hormis l'Autogrill du port où nous finirons par nous replier pour déjeuner... Cette chaleur nous conduit vers la plage situé à environ 500 mètres du port.

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Nous retournons vers 17h30 au terminal afin de valider notre billet de retour. Surprise, nous aurons la même cabine qu'à l'aller ! Nous regagnons ensuite le port vers 18h00, les gardiens nous informant que l'embarquement piéton à débuté... Une fois arrivés à la rampe du navire, on nous demande de patienter encore 20 minutes en plein soleil par ces chaleurs estivales... Soyons positifs, cela nous aura permis d'assister au départ du Costa neoRiviera !

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Nous regagnons enfin le bord de celui qui restera dans nos coeurs le Napoléon Bonaparte. L'équipage ferme les rampes une dizaine de minutes en avance, tous les passagers étant embarqués (il y en a assez peu dans le sens du retour, la saison ne faisant que débuter).

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Nous retrouvons notre cabine extérieure, la 8608, située au milieu tribord du pont 8. Petite mais fonctionnelle, il est néanmoins difficile d'y dormir avec tant de vibrations...

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Nous regagnons ensuite les ponts supérieurs pour ne rien rater de la manoeuvre du départ. La sortie du port de Porto Torres se fait en "slalom". Le ferry Sharden partira à 21 heures, soit une demi heure après nous.

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Nous allons ensuite dîner à la Pizzeria Montparnasse (autrefois une brasserie à la SNCM), située sur la promenade vitrée qui offre une superbe vue sur le coucher de soleil. Comme la veille au Sillage d'Argent, nous retrouvons une cuisine assez bonne et à des prix très corrects. 

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Après une courte nuit de sommeil, nous nous réveillons vers 7h30, alors que le Rhapsody est déjà en approche du port de Gênes.

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Le Rhapsody entre vers 8h15 dans le port génois, que nous avions quitté avant-hier soir.

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Le Rhapsody entame ensuite son évitage et sa manoeuvre d'accostage, en compagnie du Moby Corse (lui aussi ancien ferry français, le Pont l'Abbé de la Brittany Ferries) et du Sharden.

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C'est ensuite au tour du Moby Drea de faire son entrée dans le port de Gênes, de retour d'Olbia, en Sardaigne.

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Après de nombreuses annonces de débarquement contradictoires aux instructions de l'équipe d'animation (qui "gère" aussi le débarquement), nous finissons par quitter le navire vers 10 heures !

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Retourner à bord du Napoléon Bonaparte était pour moi un rêve qui semblait impossible alors que le navire était en mauvaise posture et que son avenir était plus qu'incertain.
Depuis sa remise en service chez GNV sous le nom de Rhapsody, j'attendais ce retour à bord avec impatience, mais j'ai été déçu de constater que le navire n'a subi aucune rénovation et que son potentiel d'exploitation en tant que cruise ferry a regrettablement été mis de côté.
Quand au niveau du service, le personnel (aussi bien au niveau des sédentaires que de l'équipage) semble dépassé et se montre souvent hautain avec les passagers, hormis dans les espaces de restauration où les serveurs sont agréables et souriants.
Merci beaucoup à Clément et à Florian !